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Discours prononcé lors d’une réunion avec les organisateurs du congrès sur les martyrs d’Ilam

 

Au Nom d'Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux (1)

Louange à Allah, Seigneur de l'univers, et paix et salutations sur notre Maître Muhammad et sur sa pure lignée.

Chers frères et sœurs, je vous souhaite la bienvenue. Je vous remercie vivement pour l’organisation et la mise en place de cette action si bénéfique. Avant de rentrer dans la husseinia, j’ai pu voir l’exposition qui retrace vos accomplissements admirables. Concernant l’exposition, il est important que ce genre d’activités continuent et accompagnent toujours ces congrès. Si Dieu le veut, vous réussirez à le faire. 

Durant la guerre défensive sacrée, la région d’Ilam était une forteresse impénétrable. C’est vrai que certaines villes et parties de cette région sont tombées aux mains de l’ennemi et durant une période, elles sont même tombées aux mains des perfides monafeqins (OMK). Cependant, malgré tout cela, cette région est restée droite comme une montagne, comme les montagnes de Mimaq, j’y suis moi-même allé et j’ai pu voir comment nos chers combattants résistaient face à l’armée sournoise de Saddam. Avant tout, comme certains intervenants l’ont déjà dit, cette région est entrée plus rapidement en guerre que toutes les autres. L’ennemi, avant d’attaquer officiellement Téhéran ou d'autres régions, a commencé par mener des attaques sur Ilam. La premier martyr de cette guerre a été, comme vous l’avez rappelé “Shahid Shanbeyi”(2). Il est tombé martyr avant le début officiel de la guerre. Tout cela montre que la région d’Ilam a été pionnière de la résistance lors de cette guerre.

Ensuite, des évènements marquants ont eu lieu dont malheureusement, même notre peuple n’a pas connaissance. Imaginez alors ce qui est parvenu aux autres nations au sujet de tout cela.. Rien. Même notre peuple n’a pas entendu parler de beaucoup de ces évènements. Par exemple, le 12 février 1987, il y a le bombardement d’une compétition de football. Deux équipes de jeunes ilamis s’étaient réunies pour jouer en l’honneur du septième anniversaire de la révolution islamique. Des spectateurs étaient également venus regarder le match.Un avion irakien les survolait de très près, c’est-à-dire qu’il savait pertinemment quel programme se déroulait à cet endroit. Les irakiens ne pouvaient donc pas dire que la bombe est tombée au hasard sur un terrain de football. Non. Cette frappe a engendré de nombreux martyrs, dont dix joueurs, l’arbitre, quelques enfants ainsi que des spectateurs. Ce n’est pas un événement mineur, bien au contraire. Cette histoire mérite d’être connue et relatée par le monde entier. Ceci est le message de l’oppression, illustré par ces jeunes sportifs. Leur seul crime a été d’organiser une compétition afin de célébrer l’anniversaire de la Révolution Islamique. 

Quelle puissance a soutenu Saddam le perfide pour qu’il puisse commettre ces crimes explicites et sans peur de représailles ? Qui étaient ses soutiens ? Ces mêmes personnes qui ont soutenu ce loup sanguinaire un jour, nous parlent aujourd’hui des droits de l’homme et se prennent pour les défenseurs de ces droits dans le monde entier. On voit à quel point ces puissances n’ont honte de rien. Qui doit alors divulguer leur vraie nature ? Qui doit énoncer ces vérités ? Nos artistes et nos écrivains ont une grande responsabilité et une lourde tâche à accomplir. Tous ces faits doivent être présentés sous forme artistique au monde entier, comme un film par exemple. Pour le bombardement sur le stade en 1987, des livres et des films doivent être produits. Nous devons faire tout cela. 

 Une des caractéristiques extraordinaires d’Ilam est l’existence de familles ayant deux, trois, jusqu’à même dix martyrs. Certains en ont huit, d’autres neuf, d’autres encore dix. Le dire est déjà difficile, le fait même de l’imaginer est étonnant. Ilam est ainsi. Certaines de ces familles sont parmi nous. Que Dieu leur accorde Sa Miséricorde et Son Affection.

Une des autres caractéristiques d’Ilam est la présence de toutes les couches de la population pendant la guerre, en commençant par d’éminents savants comme le défunt Acheikh AbdolRahman Heydari (paix à son âme) qui, sur les hauteurs de Mimak, était avec nous. Il était présent partout avec nous. Je suis venu plusieurs fois à Ilam, soit avant ou après mon mandat présidentiel, et il était toujours là. Jusqu’au bout de sa vie, il était présent sur tous les fronts, portait le fusil et était, dans le vrai sens du terme, prêt au combat. Cette population diversifiée comprenait des personnes comme lui, des tribus nomades et même des civils. Ceux qui étaient préparés au combat, étaient présents au front. Les civils également participaient à la résistance. Comme l’un des intervenants l’a rappelé, la population locale n’a pas quitté la ville. J’ai vu cela de mes propres yeux. Lorsque les avions ennemis s’approchaient et bombardaient de manière continue la ville d’Ilam, celle-ci se vidait alors de toute population, les gens se réfugiaient dans les plaines et les forêts aux alentours. Une fois le bombardement terminé, ils revenaient à la ville. Ces allers et venues en dehors de la ville étaient devenus une routine pour les habitants. Malgré tout cela, jamais ils n’ont quitté leur ville, leur région ou leur maison; ils faisaient face à l’ennemi. 

C'est dans ces temps de difficulté où les bombardements font rage qu’un génie comme le martyr Rezayinejad (3)  grandit. Ce martyr qui a péri dans la voie de la science et du nucléaire avait atteint un tel niveau scientifique que l’ennemi se devait de l’exterminer car il était une source de progrès pour la République Islamique. Il a été assassiné devant sa femme et sa petite fille. Ce jeune scientifique a passé sa jeunesse dans la ville d’Ilam sous les bombardements et dans des conditions difficiles. La pression de la guerre et de l’ennemi n’a pas pu empêcher les capacités de ce peuple d’éclore. Ceci est très important. Les martyrs tels que le cher Rezyinejad sont des martyrs tombés dans le chemin de la science, ils avaient un haut niveau scientifique, mais également un haut niveau spirituel. Leur martyr en est la preuve car celui-ci ne s’obtient pas aisément. 

Celui qui atteint le rang de martyr a dû certainement être prédisposé à cela dans son essence. Une personne n’atteint pas ce rang sans avoir dans son existence, son être, ses actions, une chose qui l’y prédispose. Ce jeune scientifique avait atteint ce rang spirituel qui lui a permis de tomber martyr. Sans cette étape, le martyr n’est pas possible. 

Nous savons que la région d’Ilam a offert environ trois mille martyrs à la nation. Les autres régions du pays ont également -relativement à leur population- beaucoup donné de martyrs. Cependant, nous nous devons de comprendre précisément ce que c’est d’être martyr. À ce sujet, il faut bien saisir que tomber martyr ne signifie pas seulement être tué sur le champ de bataille. Nous savons que dans le monde, de nombreuses personnes s’engagent pour leur pays et sont tuées. Beaucoup d’entre elles sont même allées combattre pour préserver les frontières géographiques de leur pays telles que des patriotes, même si parmi elles se trouvaient également des personnes malintentionnées. Nos martyrs ne sont pas comme cela. Nos combattants, lorsqu’ils mettent un pied dans le champ de bataille et qu’ils finissent blessés ou martyrs, leur but n’est pas uniquement de préserver les frontières géographiques du pays. Ils combattent afin de défendre leurs frontières idéologiques, morales, religieuses, culturelles, identitaires et surtout spirituelles. Bien sûr, défendre des frontières géographiques est également louable. Mais comment comparer ces deux combats quand l’un d’eux comprend la défense de tous ces grands idéaux et pas l’autre ? C’est cela qui anime nos martyrs.  

Si nous voulons voir la question du martyr de manière plus élargie ou avec plus de recul, un martyr est l’illustration parfaite du verset : “Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis.” [Al-Tawba, V.111] C’est-à-dire qu’il met en jeu sa propre vie dans la voie de Dieu. C’est le propre du martyr. Il y a également ce verset : “Il est, parmi les croyants, des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers Allah. Certains d'entre eux ont atteint leur fin, et d'autres attendent encore” [Al-Ahzab, V.23] Ils ont passé un pacte avec Dieu en s’engageant et ont agi avec sincérité avec Lui. C’est cela le martyr. On voit à travers ces versets que ce pacte et cet échange sont toujours dirigés vers Dieu. C’est en cela qu’on voit la différence entre un combattant qui s’engage dans la voie de Dieu et un combattant ordinaire. Lorsqu’un combattant croyant est sur le champ de bataille; que ce soit durant la guerre défensive sacrée ou sur d’autres fronts, tels que la défense du “haram” (mausolée de Hazrate Zeynab), son intention redouble de sincérité, il intercède plus auprès de Dieu, devient plus précautionneux vis-à-vis des limites de Dieu et plus humble. Certains d’entre vous l’ont vu durant la guerre et d’autres l’ont lu dans les livres.

Dans le monde d'aujourd'hui, lorsqu'une armée sort victorieuse de la conquête d’une ville, elle pille, opprime et s’exproprie les biens d’autruis et cela est considéré comme normal. Mais ici, ce n’est pas le cas. Lorsque nos soldats combattants dans le chemin de Dieu, sortent victorieux d’une guerre, leur sincérité et leurs précautions vis-à-vis des limites de Dieu ne diminuent pas. Au contraire, lors d’une victoire, puisqu’ils sont reconnaissants envers Dieu, ils redoublent d’attention pour Lui. Par exemple, un soldat ennemi traitait nos soldats d’une telle manière qu’on aurait dit qu’il les tuait puis les ressuscitait tant il les maltraitait. On sait tous ce qu’il se passait dans ces camps de prisonniers. Lorsque ce même ennemi était capturé par notre camp, s’il était blessé, nos combattants le soignaient, s’il avait soif, on lui apportait de l’eau; ils se comportaient avec lui comme s’il était l’un des leurs. Ce sont des éléments importants à prendre en compte. 

On ne peut nier l’influence qu’a eu le modèle de vie islamique dans le comportement de nos martyrs et nos combattants. Il existe tellement d’éléments inspirants dans leur vie. Pour nos artistes, il y a vraiment matière à montrer une nouvelle image du combattant iranien au monde entier. Ceci devrait s’inscrire dans des projets artistiques d’envergures dans le but de les diffuser mondialement. 

Ce genre de commémoration que vous avez mis en place doit faire en sorte qu’on soit plus réceptif au message qu’ont voulu véhiculer les martyrs. Les martyrs nous affirment : “et joyeux de la faveur qu'Allah leur a accordée, et ravis que ceux qui sont restés derrière eux et ne les ont pas encore rejoints, ne connaîtront aucune crainte et ne seront point affligés.” [Ale-Imran, V.170 ] Ce chemin ne connaît ni crainte ni tristesse. C’est ainsi qu’est le chemin de Dieu. Nous devons persévérer et avancer avec force sur cette voie. Il ne faut pas se laisser fragiliser par les malices de l’ennemi. En recevant le message des martyrs, la nation iranienne doit être plus unie, solidaire et redoubler de volonté et d’effort. Les responsables de la République Islamique à l’écoute de ce message, doivent également se sentir plus responsables vis-à-vis de cette paix et sécurité que les martyrs nous ont laissé. Nous devons tous ressentir cette responsabilité et garder en tête que notre nation n’arrivera à rien sans effort dans le sentier de Dieu et de patience face aux difficultés. Si actuellement nous faisons face aux difficultés, si Dieu le veut, la patience face à celles-ci permettra à la nation iranienne d’atteindre le plus haut niveau. 

J’espère, si Dieu le veut, que votre travail sera rempli de succès et que les chers martyrs ilamis ainsi que les autres martyrs du pays atteindront la miséricorde et le pardon de Dieu. Que Dieu fasse rejoindre notre cher imam parmi les hauts guides de l’histoire, les prophètes et les imams infaillibles pour avoir ouvert ce chemin de guidance dans notre pays. 

Ces différentes demandes et propositions qui ont été formulées sont pour la plupart de l’ordre des activités de l’appareil exécutif. Il faut leur formuler la demande et nous l’appuierons aussi de notre côté. 

Avec mes salutations et que la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions vous accompagnent.

 

  1. Au début de cette rencontre, H.I.M. Allahyar Karimitabar, représentant de waliy-ol-faqih dans la région d’Ilam et directeur du haut conseil d’organisation du congrès. Mohammad Nozari, gouverneur et directeur exécutif du congrès, Jamal Chakarami, commandant du sepah de la région d’Ilam et directeur général du congrès.
  2. Chahid Rouhollah Shanbeyi, tombé martyr le 11 septembre 1977 alors que la guerre imposée n’avait pas encore commencé. Il est tombé martyr dans la région frontalière de Bahram Abad dans la ville de Mehran. 
  3. Chahid Dariush Rezayinejad est tombé martyr lors d’une attaque terroriste devant chez lui le 23 Juillet 2011.